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Par ici chez Anne-Vie

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Derniers commentaires
13 août 2026

1984, de Georges Orwell

J'équilibre mes lectures entre roman feel good, roman historique et livre qui donne à réfléchir. A l'ère de l'IA, qui nous déstabilise par sa vitesse, j'ai relu 1984. La réécriture des faits, la surveillance constante, la perte des sentiments, les télécrans... Un livre qui prête vraiment à réfléchir sur notre monde, pas seulement sur le totalitarisme de son époque qu'Océania est sensée critiquer.

Londres, 1984. Winston Smith travaille au ministère de la Vérité. Sa mission : réécrire l'histoire, effacer les faits, faire disparaître les gens. Big Brother surveille tout. Les télécrans enregistrent chaque mouvement. La Police de la Pensée lit dans les esprits. Même aimer est un crime. Winston commence à se souvenir du monde d'avant. Il commence à douter. Il commence à se rebeller. Mais dans un régime où le passé est réécrit chaque jour et où 2 + 2 peut faire 5, la vérité elle-même est sous contrôle. Le roman dystopique le plus prophétique jamais écrit. George Orwell a imaginé un avenir terrifiant qui semble aujourd'hui plus proche que jamais : surveillance totale, manipulation de la réalité, anéantissement de la liberté individuelle. Un chef-d'œuvre qui continue de troubler et d'éclairer. Une lecture essentielle pour comprendre le pouvoir et ses dérives.

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27 juillet 2026

Loin de chez moi, de Maryse Burgot

Loin de chez moi, c'est le récit d'une femme sortie de sa campagne bretonne, avec des valeurs solides et franches, et de son parcours de grand reporter pour la télévision, de ses choix de vie personnels et professionnels, de sa relation à sa famille, et de sa relation à son travail, quand celui-ci ne garantit pas de retrer sain physiquement et mentalement tous les soirs à la maison. Je vous invite à la suivre, de Bretagne à Paris, Londres, Washington, en Israël, et en Ukraine...

« Sur une route du Donbass, nous venons d’essuyer un tir d’obus. C’est un miracle que nous soyons en vie. Nous roulons, pied au plancher, pour échapper à une nouvelle attaque. Mon téléphone sonne. Il est dans la poche de mon gilet pare-balles. Impossible de ne pas répondre. C’est l’un de mes fils. Je décroche. Il s’agit d’un problème de cuisson de riz. J’explique ma méthode. Je ne parle pas trop fort, j’ai peur que les membres de mon équipe me prennent pour une folle. Mais ce soir, le riz sera bon à la maison. »

Rien ne prédestinait Maryse Burgot, fille d’agriculteurs bretons, à sillonner le monde au péril de sa vie. Les directs et les reportages de cette évadée de son milieu d’origine sont, depuis les années 1990, des rendez-vous incontournables des téléspectateurs de France 2. Avec sa voix singulière et son approche de l’information, elle s’est définitivement installée dans nos salons le soir à 20 heures.

23 juillet 2026

Traverser les montagnes et venir naître ici, de Marie Pavlenko

Nous pouvons penser avoir tout lu du deuil et de l'immigration. Marie Pavlenko réussit pourtant un excellent roman, fort, remuant, en nous contant la vie d'Astrid, parisienne touchée de plein fouet par la perte des siens, et Soraya, déracinée de Syrie, violentée, perdant ses proches, mais luttant sans limite pour franchir la frontière française. La rencontre de ces deux-là nous laisse l'espoir d'un humain encore présent au profond des ventres.

Astrid a tout perdu. À quarante ans, plus rien ne la retient, alors elle part. Elle achète sans l'avoir visitée une maison isolée dans la région montagneuse et sauvage du Mercantour. Parmi ses bagages, un carton marqué d'une croix rouge, ce qu'il lui reste de sa vie passée. Soraya a tout laissé derrière elle. Sa Syrie natale, sa famille, ses amis, son insouciance. Elle traverse la montagne pour rejoindre la frontière française en se cachant de la police. Dans son ventre, une vie qu'elle déteste grandit. Deux douleurs indicibles vont se rencontrer et s'apprivoiser.

 

22 juillet 2026

Le goûter du lion, de Ogawa Ito

Quelle ode à la vie au coeur d'une maison pour mourir que ce roman ! C'est sur une île isolée, qui fleure bon les agrumes et le soleil sur la vigne, que vient se réfugier Shizutu, atteinte d'un cancer de stade 4, pour ses derniers instants. Là, Madonna, á l'origine de la maison du Lion, va l'aider à avancer dans l'acceptation de son destin, et lui montrer que mourir peut être beau, serein. Chaque instant de vie en attendant l'envol sera parfumé de choses simples pour mieux réfléchir au sens de son parcours ici-bas. La vie peut être belle si on décide qu'elle l'est, quelles que soient les circonstances, même juste avant la fin, si injuste soit elle.

Ce qui fait de ce livre grave et pudique un roman solaire, c’est d’abord le lieu : l’île aux citrons dans la mer intérieure du Japon, qu’il faut gagner en bateau ; et encore, l’image magnifique de l’union de la mer, du ciel et de la lumière : la mer scintillante, illuminée par un incroyable sourire, surplombée par la Maison du Lion, ce lieu de paix où Shizuko a choisi de venir pour vivre pleinement ses derniers jours en attendant la mort.
Avec elle, nous ferons la connaissance des pensionnaires – ses camarades, ses alliés et pour tout dire, sa nouvelle famille – ainsi que de la chienne Rokka qui s’attache à elle pour son plus grand bonheur. En leur compagnie, il y aura aussi les goûters du dimanche où grandit peu à peu son amour de la vie quand on la savoure en même temps qu’un dessert d’enfance, une vie qui aurait le goût de la fleur de tofu, d’une tarte aux pommes ou des mochis-pivoines.
Avec la délicatesse d’écriture que nous lui connaissons dans ses précédents romans, Ogawa Ito entraîne peu à peu Shizuko sur un chemin de poésie dont la mélodie possède la voix grave et conciliante d’un violoncelle ; un chemin apaisé comme pour dire la gratitude d’exister.

20 juillet 2026

Danser au bord de l'abîme, de Grégoire Delacourt

Grégoire Delacourt nous livre un roman vif et sincère sur les questions qu'une femme peut se poser au milieu de sa vie. Emma  48 ans et une vie rangée, une belle maison, 3 enfants, un travail qu'elle aime, un mari en rémission d'une leucémie depuis 3 ans. Et pourtant, il lui manque quelque chose, qu'elle trouve auprès d'un homme rencontré par hazard. Vient la difficile décision de rester ou partir, de suivre son instinct ou ses principes, de choisir enfants et conjoint, ou la vie pour soi. Puis le destin s'en mêle et rebat les cartes  Rien n'est jamais acquis. Un livre fort sur les choix d'une femme, quand l'histoire semble toute tracée.

« Moi, je crois au premier regard, maman. Je crois à la première impression. Je crois au langage de la chair. Au langage des yeux. Au vertige.
À la foudre.
— Ce à quoi tu crois, ma petite fille, cela aboutit au chagrin. »
Il y a les promesses que l’on se fait à vingt ans, et les rencontres que nous réserve le hasard. Il y a le bonheur que l’on croyait tenir, et celui après lequel on court. Il y a l’urgence à vivre.

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13 juillet 2026

Magnifica humanitas, encyclique de Léon XIV

En achetant l'encyclique de Léon XIV, je n'avais aucune idée de ce à quoi m'attendre. Le sujet me semble clé cette année : la place de l'humain face à celle de l'Intelligence Artificielle. J'ai lu cet ouvrage au moins autant comme une réflexion philosophique que religieuse.

Dés le titre, le pape plante le décor : il s'agit de protéger l'humain face à l'IA.

L'ouvrage pose en premier les fondements de la Doctrine Sociale de l'église : l'être humain à l'image de Dieu, l'égale dignité de tous les humains, la valeur suprême des droits de l'homme.

Puis, les principes de cette doctrine sont énoncés et explicités : le principe du bien commun, celui de la destination universelle des biens, celui de la subsidiarité (chacun doit pouvoir faire ce qui est de son ressort), celui de la solidarité et enfin celui de la justice sociale.

Léon XIV nous réexplique ensuite la grandeur de l'humain face à l'Intelligence Artificielle, et nous invite à réfléchir à notre usage de l'IA en gardant à l'esprit 3 valeurs fondamentales qui animent l'humain : Vérité, Travail et liberté. Il rappelle que le bon usage de l'IA est une responsabilité que tous, hommes et institutions, devons partager, en ayant à l'esprit ces valeurs clés.

Enfin, il oppose la culture du pouvoir à la force de l'amour se son prochain, pour parvenir à conserver une société équilibrée pour tous : Désarmons les mots, construisons la paix par la justice, adoptons le regard des victimes, cultivons un sain réalisme sans cynisme ni désengagement, relançons le dialogue réel et non virtuel entre les hommes, et ne cessons pas d'espérer. 

 

29 juin 2026

Ce qu'il me restera

Je n étais pas prête à te dire A Dieu Papa, même à 47 ans. Que me restera-t-il de toi dis moi papa?

J'ai 47 ans, tu te bats depuis 16 ans et les 4 dernières années ont été pour toi un véritable chemin de croix. 
Je t'ai trop souvent dis au-revoir le ventre noué en pensant "c'est peut être la dernière fois". La dernière fois c'était le mardi 16 juin. 
Il me restera la musique d'un carillon en bambou posée sur ta souffrance.

J'ai 35 ans. Mon second trésor A. arrive dans nos vies, ton dernier petit-fils. Tu aurais pu ne pas les connaitre, lui et D.. Ils t'apporteront la joie d'être grand-père de 2 petits gars, toi qui n'a eu que des pissouses. 
Il me restera ta tendresse et ta patience envers tes petits-enfants.

J'ai 33 ans, nous réussissons à avoir une maison à Versailles, forcément pleine de travaux. C'est loin, tu sors de ton opération du foie, mais tu es là, n'arrêtant qu'après que le soleil se couche avec S. comme commis. 
Il me restera ta force de travail, à toi qui nous dira " y a 6 mois, j'en aurais été incapable "

J'ai 30 ans. Je viens te présenter mon premier trésor A. un jour d'arrachage de patates. C'est comme ça à la Touche, tu vis proche de la terre et de la nature.
Il me restera le goût d'observer les saisons et de herser mes godasses dans les chemins de La Lande.

J ai 27 ans, tu découvres Versailles en ponçant le parquet de notre premier appartement. Tu te dis que ta fille avance dans la vie. Tu découvre le château avec Maman. Nous faisons de la barque sur le grand canal avec A.
Il me restera ton goût pour le travail bien fait, et le plaisir qui vient, après.

J'ai 23 ans. Un accident de voiture me ramène 6 mois à Serent, un peu cassée. Tu gagnés 6 mois à temps plein avec moi. Nous jouons à Cat' apult sur mon premier ordinateur. 
Il me restera le souvenir du loto des chasseurs où tu gagnes une malette à outil qui me reviendra. Il le faut bien, je vais bientôt m'envoler pour Vitré, le Mans, Saint Cyr et tu ne seras pas toujours là.

J'ai 20 ans. Je décide de poursuivre mes études en HSE. Il y a 4 écoles en France. Tu démarres la 505 bondées de mes affaires un matin de septembre pour traverser la France jusqu'à Mulhouse, sans autoroute. L'après-midi,Colombey-les-deux-eglises s'affiche sur les panneaux.
Il me restera les étoiles dans tes yeux devant la traction avant de De Gaulle. Inoubliable.

J'ai 18 ans. Je rentre du Nautile à 5h du matin, et je tosse un lièvre avec l'Austin. Je le pose sur la table de la cuisine.
Il me restera le son de ta voix 3h après, un étage au-dessous de moi : "Ah la ptite bondiou, elle en a eu un". Je souris puis me rendors, ma nuit n'est pas finie.

J'ai 11 ans. Il y a fête à Saint Jacques. C'est le soir, il fait beau, nous y sommes tous les cinq.
Il me restera le goût des tripes et des frites. Tu m'as appris que la vie n'est belle que de choses simples.

J'ai 9 ans. Je suis en CM1 chez sœur Thérèse et sœur Bernadette. En maths, l'une demande que quelqu'un apporte un plomb et un niveau. Je sais ce que c'est, je sais que tu as ça. 
Il me restera la fierté d'avoir été celle qui les a apportés en classe. Des maths et du concret, c'était pour toi ça Papa.

J'ai 4 ou 5 ans, nous sommes à la kermesse de l'école à la fin juin. Tu tiens la buvette avec d'autres papas. Il est bien 8h du soir. Tu m'assoies sur le bar et m'offres un Orangina bien frais dans ces bouteilles en verre d'anthologie. Quelqu'un arrive, qui vient nous dire que j'ai gagné le premier prix de la tombola : un vélo demi-course adulte. Je n'ai que faire d'avoir gagné. Je savoure cet instant avec toi.
Il me restera ce moment père- fille, mon plus vieux souvenir de toi, à l'âge où une petite fille n'imagine pas que le temps qui lui reste avec son papa a déjà commencé à s'écouler.
J'aimerais toujours l'orangina.

1 mai 2026

L'appartement du dessous, de Florence Herrlemann

Florence Herrlemann nous livre un roman empreint d'une belle sensibilité. A une époque où les courriers manuscrits se perdent, d'où vient cette Hectorine, 103 ans, qui rédige des lettres pour sa jeune et récente voisine du dessus, Sarah, et les lui glisse sous son paillasson. Pourquoi ne souhaite-t-elle pas un voisinage physique ? Que cache-t-elle derrière chacune de ses lettres ? Quelle vie de 100 années, dicible ou indicible, va-t-elle lui offrir en lecture ?

Dans le petit immeuble parisien du Marais où elle vit depuis des lustres, Hectorine, 103 ans, voit un jour l'appartement du dessous investi par une nouvelle voisine, Sarah. Pour lui souhaiter la bienvenue, la vieille dame dépose une lettre sur le pas de sa porte. Cette missive sera suivie de beaucoup d'autres, retraçant peu à peu une incroyable traversée du XXe siècle entre le Cabourg de La Recherche, le Berlin du IIIe Reich et le Paris d'après-guerre.

Mais pourquoi toutes ces lettres ? « Un jour, vous saurez », promet la centenaire à Sarah qui se prend au jeu, intriguée par cette voisine invisible dont les confidences laissent percer l'aiguillon d'un douloureux secret...

27 avril 2026

Belgique Jour 3 - Oostende

Aujourd'hui, nous passons de la station balnéaire à la ville portuaire et balnéaire d'Oostende (Ostend). Cette fois-ci, ce sont surtout les oeuvres de Street-Art, très nombreuses, qui serons au centre de notre visite.

 

26 avril 2026

Le nom de la rose, de Umberto Echo

C'est une chose étrange que d'atteindre un âge où l'on peut relire des romans, en sachant qu'on les a lu, mais sans se souvenir du scénario. Parfois cela prend quelques années, parfois des décennies. J'avais oublié comme la religion au moyen âge pouvait n'être que pouvoir et influence, en oubliant sagesse et raison.

En l’an de grâce et de disgrâce 1327, rien ne va plus dans la chrétienté. Des bandes d'hérétiques sillonnent les royaumes. Lorsque Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire, arrive dans le havre de sérénité et de neutralité qu'est l'abbaye située entre Provence et Ligurie – que tout l'Occident admire pour la science de ses moines et la richesse de sa bibliothèque –, il est aussitôt mis à contribution par l’abbé. La veille, un moine s’est jeté du haut des murailles. C’est le premier des assassinats qui seront scandés par les heures canoniales de la vie monastique. Crimes, stupre, vice, hérésie, tout va advenir en l’espace de sept jours.

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